Histoire des Corbières

Charles Martel et la Bataille de la Berre

 

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Nous sommes en 737.
Les Arabes sont retranchés dans Narbonne dont Charles Martel fait le siège.
A cette époque l' Aude traverse Narbonne et son port est accessible par la mer.
Pour lever le siège, les Arabes venus d' Espagne débarquent le gros de leurs troupes par bateaux à Port Mahon (sud de l'île de l' Aute).
La cavalerie établi ses campements à l'abri des regards le long de la rivière Berre entre Ripaud et l' estuaire.

Charles Martel mettant à profit le relief des Corbières Orientales, contourne en une nuit les forces Arabes par l' Ouest.
Les troupes descendent de Narbonne par le Massif de Fontfroide et le Bois du Vicomte, vers Montplaisir, Ripaud, Taura, Gléon, Lastour et Portel. Pour verrouiller le dispositif on peut imaginer que des troupes ont également fait mouvement par St Martin de Toques, Roquelongue et la plaine de Montséret Thézan, vers Donos et Saint Estève, dont l'absence de relief permet une avance rapide même avec des engins lourds. 


 


Pour comprendre cette bataille nous avons ici une chance extraordinaire.
Rien dans le décor n' a changé depuis cette époque, et dans le massif aucune construction moderne n'est venue bousculer le paysage et la topographie des lieux.

Avec mon bon chien Samy, nous avons beaucoup parcouru ce relief tourmenté pour préparer ce site. Bien sûr au hasard des passages de troupeaux des chemins se sont faits où défaits, la végétation a pu évoluer suivant les années de sécheresse ou d'incendie. Mais dans ce décor sauvage et aride c' est souvent la roche calcaire brûlée par le soleil et balayée par les vents qui reprend le dessus .
( nous sommes ici dans la région la moins arrosée de France ).
Les gorges, les lits de rios, les points d' eau, les sentes qui suivent les cluses naturelles, les éperons d' observation, les à-pic infranchissables à cheval, sont identiques à ceux qu' a connus Charles Martel.

 

Il existe aussi une chose qui n' a pas changé depuis l' époque de la bataille de la Berre. C' est la qualité du silence, dans cet univers privilégié où suivant le vent le moindre bruit s'entend à des kilomètres. Si j' insiste c'est que faire traverser dans la nuit ce massif à une armée entière avec armes bagages et des dizaines de milliers de chevaux, sans faire aucun bruit, relève de l' exploit à moins qu'un fort vent contraire n'emporte au loin tous les sons.  

 

 
Si rien n'a changé dans le relief et les paysages du massif montagneux, on ne peut pas en dire autant du rivage de la méditerranée. Tout est différent. et surtout le niveau de la mer.
Par endroit son niveau était plus haut de 15 mètres, et elle s' étendait plus loin dans les terres, là ou aujourd' hui nous ne voyons que marécages ou constructions. Narbonne était accessible par la mer, les promontoires que l' on voit au milieu des terres étaient des îles. Par endroit la méditerranée venait lécher les contreforts des Corbières. Plus au sud par exemple le château de Salses qui se trouve aujourd' hui loin dans les terres, fut construit au bord des vagues.
S'il existe des divergences suivant les historiens sur l'emplacement exact du débarquement, il faut garder en mémoire lorsqu'on regarde la carte, qu' en 737 les lions de la Réserve Africaine  de Sigean aurait du apprendre à nager avec les dauphins.

Le  Vent
La plus grande inconnue du combat est certainement la météo de ce week-end historique.
Je reste convaincu qu'elle a joué ici un rôle essentiel. En simple hypothèse d' écolier, et sachant que sur ce massif aride le vent souffle 300 jours par an, on peut imaginer deux scenarii :
-    Le vent souffle de Nord (Cers Tramontane) : les bateaux sont retardés par le vent contraire et arrivent plus tard que   prévu.
     Les bruits et la poussière soulevés par une troupe en marche est alors perceptibles par les troupes arabes au sud.
-    Le vent souffle de la mer (Marin Grec) : les bateaux portés par un vent favorable arrivent plutôt que prévu.
     La marche des troupes arrivant du Nord n'est pas décelable à contre vent, et l' effet de surprise est total.
On sait seulement que les bateaux sont arrivés plus vite que prévu, et que les troupes à terre n'ont pas flairé l'arrivée de l'ennemi

 

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Texte et réalisation : (c)Henry Coulondou - copyright all rights reserved 
Thézan des Corbières - Mars 2005

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