Histoire des Corbières

Charles Martel et la Bataille de la Berre

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Ca s'est passé un Dimanche au bord de l' eau...

Les  stratégies
Les deux camps connaissent le terrain.
Charles Martel par ses éclaireurs et Omar dont les soldats occupent les Corbières depuis 18 ans.

Martel est informé du mouvement des troupes arabes par les postes de gué placés sur les hauteurs de Prat-de-Cest, d'où il est possible de surveiller l'arrivée des bateaux et la route sud de Narbonne.
Il décide d'attaquer avant que les troupes arrivées mer et la cavalerie n'effectuent leur jonction.
Pour surprendre l'ennemi, sans être vu de la mer, il passera par l' intérieur des terres à l' Ouest du massif montagneux.

Omar ben Chaled commande les troupes de l' Emir Okba. Pour gagner du temps il fait venir par bateau le matériel lourd et le ravitaillement et choisi l' embouchure de la Berre comme point de jonction avec la cavalerie qui a traversé les Pyrénées.
Il compte attaquer Narbonne par la route du Sud (actuelle A9)

 

 
Le Combat
Dès le samedi dans la journée Charles Martel mettant à profit le relief des Corbières Orientales engage ses troupes par les vallées à l' Ouest du Massif.
Il est simple par la route de Fontfroide, Saint Martin de Toques, Roquelongue, Montséret, Thézan, Donos, d' amener rapidement depuis Narbonne une troupe importante, dont une partie utilisant les combes du relief, fondra sur l' ennemi par différents points tels, Taura, Montplaisir et le long de la Berre entre Ripaud, Gléon, Lastour et Portel.

Le Dimanche à l'aube, alors que la flotte d' Omar vient d' arriver dans l' étang de Bages et s'apprête à décharger hommes, matériel et vivres sur la pointe de Port Mahon (sud de l'île de l' Aute sur la carte), les troupes de Charles Martel fondent de la montagne sur la cavalerie arabe.

La surprise est totale. Les cavaliers ne sont pas prêt au combat et les chevaux n'ont pas le temps d'être scellés.

A pied ils tentent de s' enfuir vers la mer où beaucoup ont le choix entre se noyer
ou être taillé en pièce par l' armée franque.
D'autres fuient vers les gorges de la Berre où au delà Gléon et Ripaud les combats a la hache ou au corps à corps vont se poursuivre toute la journée.

Après la bataille un monument arabe (aujourd'hui disparu) sera érigé pour commémorer la mort d' un Prince arabe tué à cet endroit pendant la poursuite.

Le sort des troupes arrivé par mer n'est guère plus enviable.
Surpris en plein déchargement des bateaux, c'est la panique et l'improvisation qui s'empare des sarrasins. Leur chef Omar est tué.
Le dos à la mer, ils tentent de gagner les bateaux qui n'ont pas encore accosté.
A bord d'embarcations de pêcheurs, les Francs les poursuivent sur l' étang, où la bataille navale tourne au carnage.


Mais comme à Poitiers laissons la parole à  Frédégaire chroniqueur officiel de cette époque :

Le brave Charles victorieux passa le Rhône avec son armée, pénétra dans le pays des Goths, s’avança jusque dans la Gaule narbonnaise, et assiégea la célèbre cité de Narbonne, métropole de ce peuple. Il fit construire sur les bords du fleuve de l’Aude un rempart en forme de bélier, et enferma le roi des Sarrasins, nommé Athima avec ses compagnons, et campa tout autour de la ville.

À la nouvelle de ce siège, les seigneurs et les princes Sarrasins qui habitaient alors en Espagne, rassemblèrent une armée, à la tête de laquelle se mit un autre roi, nommé Amor
et s’avançant armés de machines contre Charles, ils se préparèrent au combat.

Le duc Charles alla à leur rencontre sur les bords de la rivière Berre et dans la vallée de Corbière ; ils en vinrent aux mains.
Les Sarrasins vaincus, renversés, et voyant leur roi tué, prirent la fuite.
Ceux qui avaient échappé, voulant s’enfuir sur des vaisseaux, se jetèrent à la nage dans la mer, et ils sautaient les uns sur les autres pour se sauver. Mais les Francs, montés sur des vaisseaux, et armés de javelots, se précipitèrent sur eux, les tuèrent, et les firent périr dans les flots.

Ainsi vainqueurs de leurs ennemis, les Francs s’emparèrent d’une grande quantité de butin, firent une multitude de captifs, et ravagèrent avec leur duc tout le pays des Goths. Charles détruisit de fond en comble les villes les plus célèbres, Nîmes, Agde, Béziers, y mit le feu, et ravagea les faubourgs et les châteaux de ce pays. Après ces victoires, toujours guidé et soutenu par le Christ qui décide des combats,  Charles retourna sain et sauf dans le territoire des Francs, au siège de son empire.


Après la Bataille

Charles Martel quitta Narbonne sans prendre la ville, pour aller se battre chez lui au nord contre les Saxons, non sans oublier au passage de mettre à feu et à sang, de violer et de piller toute la Septimanie dont les habitants ne l' avaient pas franchement aidé à s'emparer de leur capitale.

Après la bataille on dit que les pêcheurs firent un pèlerinage à Sainte Marie des Oubiels, située près de Portel des Corbières, non loin de la rivière et d'un passage à guet stratégique. En principe pour célébrer la victoire, à moins que ce ne fut pour louer le départ du guerrier barbare venu du Nord...

C'est beaucoup plus tard en 759 que son fiston Pépin le Bref   "délivrera" Narbonne.

Fait unique en France, la ville de Narbonne sera restée musulmane pendant 40 ans.

 

 




Les Questions
Si dans cette bataille, telle qu'elle nous est parvenue, les dés semblent joués d' avance, il reste me concernant beaucoup de questions en suspend :

- Pourquoi les arabes qui connaissent la topographie des lieux ( ils sont ici depuis 20 ans) n'ont mis aucun poste de guet au sommet de  l' actuel    "Ermitage St Victor" d'où l'on domine les massifs montagneux jusqu' à Narbonne et la mer ?

-   Quel fut le rôle de la météo et du vent sur la mauvaise synchronisation de l' arrivée des troupes Arabes ?
-   Comment n' ont-ils pas perçu l'arrivée de l' ennemi par la montagne, là où le moindre bruit s' entend à des kilomètres...
      alors que dire d'une troupe en marche avec des milliers de chevaux dans le silence de la nuit !!! ?...

- Les arabes ont-ils été surpris que Charles Martel osa attaquer un Dimanche, jour sacro-saint de trêve chez les chrétiens ?
- A-t-il attaqué à l' heure de la prière, alors que les regards des musulmans ne sont pas tournés vers l' Ouest ?
 

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Texte et réalisation : (c)Henry Coulondou - copyright all rights reserved 
Thézan des Corbières - Mars 2005

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